Alors que la version Xbox 360 de Fable III est sortie ce noël, il aura fallu attendre six mois supplémentaires afin de voir enfin venir le jeu sur PC. On ne s’en plaindra pas, le second opus n’ayant jamais quitté la Xbox 360… Alors, que vaut fable III ? Et la version PC, que vaut-elle ? Réponse dans ces lignes.
Le temps passe, le monde change.
Si Fable II se déroulait 1000 ans après le premier Opus, une seule génération s’est écoulée depuis la fin du second jeu. Après la défaite de Lucien, le héros (ou l’héroïne, mais on va dire le héros à chaque fois dans ce test) se rend compte qu’il a face à lui une Albion divisée, et sensible à une menace. De plus, pour ceux qui ont fait « Visions de l’avenir », le second Add-On de Fable II, Thérésa le prévenait – à demi mot- que l’avenir ne serait pas forcément rose. Il va alors unifier l’Albion, et va devenir le premier Roi. Il fera également appel à Reaver, qui l’avait aidé à vaincre Lucien. L’Albion évoluera alors vers l’ère industrielle, avec tous les progrès techniques, mais aussi tous les aspects néfastes que l’occident à connu à cette époque, corruption et travail des enfants inclus...
Au niveau du background, voila pour le résumé de l’entre deux Fable. Après la mort de votre père, votre frère ainé, Logan, est logiquement monté sur le trône. Et force est de constater qu’il règne avec une main de fer sur l’Albion. C’est dans ce contexte que débute notre histoire, suite à une révolte violemment réprimée par votre frère, le sang versé de trop. Dès le départ, le jeu nous fait réaliser un choix cornélien, avant de nous faire quitter le palais en catimini. Sans spoiler, il faut dire que le premier choix à faire dans le jeu est assez difficile…
La première partie du jeu sera similaire à Fable II : vous accomplissez des quêtes pour faire avancer l’histoire, vous avez toujours la possibilité de faire des petits boulots pour gagner de l’argent, ou encore de faire des quêtes annexes qui sont, ma foi, fort bien trouvées. Commençons par regarder ce qui a changé dans cette première phase de gameplay.
Citons tout d’abord le plus évident : le Héros parle ! Plus que les simple « ha ha » du précédent jeu, nous avons ici véritablement un doubleur pour le personnage. Alors certes, le héros est certes la plupart du temps muet, mais de temps à autres, c’est une vraie pipelette. Et tant mieux ! Ceci renforce la personnalité du personnage, à tel point qu’une fois le jeu fini, on regrette sincèrement… qu’il ne parle pas davantage ! Soyons francs, un héros complètement muet dans un univers qui est très vivant, ca faisait tache… Défaut corrigé, mais seulement en partie (avis à Peter Moleyneux : faites lui sortir quelques répliques sarcastiques la prochaine fois, et ca sera parfait ^^).
Autre différence notable : exit les menus, place au sanctuaire ! Lorsque vous appuyez sur start, au lieu du menu qui existait autrefois, vous vous téléportez instantanément au sanctuaire, qui vous permet de faire pas mal de choses : consulter la trésorerie, faire vos achats sur le Xbox live, changer votre équipement, et même voyager et acheter des maisons à distances ! Le fait de tout avoir d’un coup d’œil est vraiment très pratique.
Pareillement, Exit la barre de vie et la roue des émotions : lorsque vous êtes mal en point, l’écran vire au blanc, tandis que seules les actions ayant un sens avec une personne sont disponibles.
Si la suppression de la barre de vie est bien réalisée, il faut reconnaitre que je suis resté dubitatif quant à la suppression de la barre d’émotion. Il faut le dire : les interactions avec les villageois sont, de fait, bien plus limités ! Certes, il est toujours possible de se marier et d’avoir des enfants dans le jeu (on y reviendra). Mais le pire vient bel et bien des magasins. Si le fait d’avoir mis les articles en exposition plutôt que de passer par un menu était une bonne idée, il faut avoir que ce n’est pas toujours pratique. Pour commencer, ceci limite fortement le nombre d’articles disponibles en magasin ; si dans fable II, n’importe quel magasin de cadeaux avait une liste exhaustive, il faut reconnaitre que ans le troisième jeu, trouver LE cadeau est mission impossible, ou presque… Surtout lorsque votre femme ou vos enfants on la bonne idée de demander un cadeau trouvable dans une seule boutique sur l’Albion… Rageant. De même, pour vendre des articles, il faut passer par un prêteur sur gage. Là encore, pas réussi.
Vouloir supprimer pas mal de menu, pourquoi pas. Notamment celui du menu pause, qui était sans doute trop volumineux (personnellement, je préfère le sanctuaire). Mais AUCUN menu ? Il me semble que laisser des menus pour les magasins n’aurait pas nui au jeu, bien au contraire !
Et ca non plus, ca n’a pas changé…
Fable III reste un fable, et en l’occurrence, il est bel et bien une « surcouche » du II, dans le sens où l’on vient bien d’où le gamedesign de fable III prend sa source. Comme les joueurs PC n’ont pas forcément joué au II, voici quelques éléments qui viennent du second épisode. Outre les enfants, que j’ai déjà mentionnés, le chien fait ici son grand retour. Il sait toujours se battre, jouer avec les passants, ou dénicher des trésors. Ici, l’absence de menu ne gêne pas : tout apparait automatiquement au bon endroit. Il est ma foi bien pratique, et sert de compagnie dans un donjon assez sombre (et vous en aurez plusieurs !).
D’ailleurs, pour les vétérans des précédents épisodes, sachez que les donjons sont toujours aussi nombreux, aussi vastes, mais cette fois ci… ils sont même mieux conçus ! Par exemple, j’ai ressenti beaucoup d’appréhension lorsque les sphères de Fable II sont apparues la première fois dans le jeu (ce sont des sphères qu’il faut soit frapper, soit tirer à distance, soit détruire par la magie). Dans le précédent opus, ceci finissait par mener, à la fin du jeu, à de véritables prises de têtes, à cause de la difficulté à enchainer les sphères. Cette fois ci, vous ne pesterez pas contre le jeu, tout va pour le mieux, ca répond au doigt et à l’œil.
Dans la catégorie « ca n’a pas changé », il est toujours possible d’acheter des maisons ou des magasins, et de toucher une rente. D’ailleurs, je vous recommande de le faire le plus tôt possible, parce qu’avoir pas mal de capitaux sera fortement utile dans la seconde moitié du jeu… mais là aussi, j’y reviendrais.
Par contre, autant le dire tout de suite : le monde de Fable II est plus grand que celui du III… en effet, de nombreuses zones des précédents épisodes ne sont pas accessibles ici… Dommage ! En revanche, de nouveaux lieux font leur apparition, et il y a un endroit (dont je tairais le nom) où il est possible de voir la flèche au loin… bien sûr, impossible d’y accéder. Ceci dit, si on fait le compte des lieux explorables, il n’y a pas à dire : le monde est plus petit. Pas gênant, mais quand on a joué au précédent jeu, on ne peut s’empêcher de se demander « et là, c’est devenu comment » ? il faudra attendre des DLC ou Fable IV pour le savoir…
Imperator !
La seconde partie du jeu est finalement peu différente de la première. Si le scénario nous faisait recruter des alliés dans la première partie du jeu, la seconde partie a lieu après que vous ayiez renversé Logan. Vous devenez alors le roi d’Albion, et autant dire que vous n’aurez pas le temps de fêter votre victoire…
Au cours de la première partie du jeu, vous aurez à faire tout un tas de promesses à un certain nombre de personnes, que l’on va demander de réaliser ici. Le faire coûtera de l’argent, les refuser vous mettra la population à dos… Ceci dit, perdre de l’argent signifie être en mauvaise posture pour la fin du jeu… choix cornélien… Certes, il reste la possibilité d’utiliser sa fortune personnelle. Mais là encore, c’est un autre choix à faire : est-on prêt à sacrifier son intérêt pour celui de l’Albion ?
Outre ces choix, tout se passe comme dans la première partie : quêtes, exploration… tout y est, et de la même façon. Vous retrouverez même coffrounet (Chesty pour les intimes ^^) au détour d’un manoir…
Coopération
Dans le précédent Fable, le mode coopération était plus un gadget qu’autre chose : on était en effet centré sur la caméra du joueur principal, et on était un mercenaire engagé, généré pour l’instance. Cette fois ci, et à condition qu’on se contente du Xbox Live (en local, on a la même chose qu’avant…), le mode Coop est bien meilleur : chacun à sa caméra, et on utilise son personnage. Bref, un des personnages se téléporte dans le monde de l’autre… et peuvent partager des quêtes, combattre ensemble… Et même avoir des enfants ! (ceci suppose bien entendu que les sexes des deux personnages soient opposés, évidemment…)
En résumé
Réalisation
Le jeu est de très bonne facture, et l’univers de Fable fait toujours mouche. Evidemment, sur PC, on a déjà vu mieux, mais bon, il ne faut pas oublier que le jeu est à l’origine destiné à la Xbox 360. Moins de bugs que dans le II, mais quand même… j’ai encore eu droit à la femme qui disparait et qui pompe des sous. Décidément !
8/10
Gameplay
Des combats plus dynamiques, et davantage mis en valeur, mais aussi plus aisés. La seconde partie est intéressante, dommage qu’elle ne soit pas mieux exploitée ceci dit.
7/10
Bande Son
La bande son est assez classique, c’est du Fable. Les doublages sont de bonne qualité –y compris en VF- et surtout… le Héros parle !!!
8/10
Scénario
Evidemment, l’histoire est assez simple ; on s’attache toutefois pas mal aux personnages, notamment à certains de nos compagnons (je ne dirais pas lesquels, spoil inside).
8/10
Conclusion
Peter Moleyneux signe ici un très bon jeu. Mieux réalisé que le II, plus court aussi, il donne envie d’avoir un 4e jeu, même si ce n’est certainement pas pour tout de suite (et probablement même pas sur cette génération). De plus, le jeu est à la fois disponible sur PC est Xbox 360. Reste une inconnue : la politique de DLC du jeu. Espérons qu’elle sera meilleure que celle du précédent opus !
31/40